GALERIE
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Le Kiosque

Ils peuplent les rues de nos villes depuis des années mais disparaissent peu à peu. Au bout de la chaîne de la crise de la presse, les kiosques se meurent dans une indifférence quasi générale. Fille, petite-fille et arrière-petite-fille de kiosquiers, Alexandre Pianelli en raconte le quotidien en s’installant à la place de la vendeuse avec son portable en guise de caméra. Plasticienne de métier, elle use sans en abuser de trouvailles malines dans sa mise en scène pour en raconter le fonctionnement.

Thierry Chèze
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Fatima

En 1917, trois enfants portugais reçoivent la vision de la Vierge Marie qui accomplit quelques petits miracles et délivre des prophéties. Les gamins vont devenir un phénomène populaire. Ce récit des apparitions de Fatima commence sous l'angle du doute (via le personnage d'Harvey Keitel, recueillant le récit d'un point de vue sceptique), et c'est très bien joué par un tas d'acteurs bien menés (toujours un plaisir de retrouver l'excellent Goran Višnjić), et plutôt bien filmé par Marco Pontecorvo, fort de son savoir-faire de directeur photo sur Rome ou Game of Thrones.

Sylvestre Picard
AFFICHE
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7 jours

Une bande d'ados japonais décident de fuguer une semaine afin de goûter une dernière fois la liberté avant la rentrée et la séparation de leur petit groupe. En squattant une usine abandonnée, ils vont tomber sur un petit réfugié clandestin qu'ils vont protéger face aux forces de police. Bon, ce n'est sûrement pas pour son animation -propre mais désespérément banale- que 7 jours retient l'intérêt, mais pour son sujet et son écriture : cet éloge de la liberté et de l'accueil de l'autre résonne très fortement en notre époque, euh, compliquée là-dessus.

Sylvestre Picard
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Petite soeur

Amies d’enfance, Stéphanie Chuat et Véronique Reymond font du cinéma ensemble depuis le milieu des années 2000. Dix ans après leur premier long, La Petite chambre, elles reviennent à la fiction avec un beau portrait de femme. Une dramaturge allemande qui a fait le choix de sacrifier sa carrière à sa famille, en suivant en Suisse son mari, directeur d’un collège huppé.

Thierry Chèze
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Gaza mon amour

Que voit-on généralement de Gaza, sinon la détresse humaine ? Sur place, le cinéma semble donc condamné à sa seule valeur documentaire pour témoigner des bombes israéliennes qui ravagent « la Bande ». Les frères jumeaux Tarzan et Arab Nasser découverts à la Semaine de la Critique avec Dégradé en 2015, préfèrent parler d’amour. Voici Issa, un pêcheur, la soixantaine fatigué et Siham, une couturière plutôt effacée. Ils se touchent d’abord du regard. Aucun des deux n’ose croire une passion possible.

Thomas Baurez
Cigare au miel : affiche
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Cigare au miel

Comment s’approprier son propre désir, face à des parents étouffants à force d’inquiétude et un petit ami aimant mais trop impatient ? Voilà la question qui traverse ce premier long dont l’action se situe en 1993, au cœur de la décennie noire algérienne. Selma, 17 ans, vit avec sa famille d’origine berbère à Neuilly et voit son cocon se fissurer. A commencer par l’équilibre familial où, face à ce qui se déroule en Algérie, son père et sa mère se divisent sur la conduite en tenir : s’y installer comme acte de résistance ou rester sagement en France ?

Thierry Chèze
Mon légionnaire affiche
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Mon légionnaire

Ici et ailleurs. Ici c’est aussi un peu ailleurs. Et les montagnes corses finissent par se confondre avec l’immensité du Sahara. Le paysage devient mental et personnifie magistralement le récit de ce deuxième long-métrage de Rachel Lang (Baden, Baden). A l’arrière, il y a des familles qui vivent dans l’attente du retour du soldat parti au combat dans un Sahel sous tension. La légion étrangère, incarnation de la droiture militaire, propose plus que tout autre une logique de la ligne franche.

Thomas Baurez
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J'ai aimé vivre là

Annie Ernaux inspire décidément les cinéastes. Quelques semaines après l’adaptation de Passion simple par Danielle Arbid, des extraits de Journal du dehors, La Vie extérieure et Les Années sont lus en off (par elle- même et les différents personnages de ce docu) constituent le fil rouge de ce film de Régis Sauder. Quatre ans après le remarquable Retour à Forbach où sa caméra explorait sa ville de naissance, il la pose cette fois- ci sa caméra à Cergy.

Thierry Chèze
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Candyman

Vous connaissez la chanson : prononcez son nom cinq fois devant un miroir, et Candyman reviendra de l’enfer pour vous planter son crochet dans la bedaine. Vingt-neuf ans après le film de Bernard Rose, Nia DaCosta (Little Woods et bientôt The Marvels chez… Marvel) prolonge l’histoire du boogeyman dans une suite aux frontières du reboot. Retour à Cabrini Green, ancienne cité insalubre de Chicago où la légende du tueur est encore dans tous les esprits. Les tours ont disparu et le quartier accueille des projets immobiliers cossus, peuplés de bobos friqués.

François Léger
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La Traversée

C’est en 2002 qu’on avait découvert Florence Miailhe avec Au premier dimanche matin, un sublime court peint au pastel mettant en scène un bal de village, en hommage au village de ses parents où elle passait ses étés. Et sa famille (ses arrières grands parents fuyant Odessa au début du 20ème siècle ou sa mère sur les routes de l’exode vers la zone libre en 1940) se retrouve – avec les récits tragiques plus récents de ces migrants forcés à fuir leur pays en guerre pour sauver leur peau - au cœur de l’inspiration de ce projet de longue haleine.

Thierry Chèze
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After love

Membre de la sélection « Hors les murs » de la Semaine de la Critique cannoise 2020, ce drame est le premier long-métrage d’un jeune cinéaste d’origine anglo-pakistanaise. After Love raconte la façon dont à la mort de son mari, une femme basée à Douvres apprend que celui-ci avait une double vie de l’autre côté de la Manche. La femme trompée décide alors de s’immiscer dans la vie de la maîtresse. Le film semble d’abord jouer sur plusieurs tableaux avec notamment des incursions fantastiques inattendues et sait maintenir ses effets pour entretenir une tension.

Thomas Baurez
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I am Greta

Enfant gâtée manipulée pour les uns, voix essentielle pour les autres, Greta Thunberg est clivante depuis son surgissement avec sa grève scolaire pour le climat. Nathan Grossman n’échappe pas à cette règle. Son camp est clair d’emblée : les pro- Greta. Mais son docu ne cherche pas pour autant à faire de la retape. Son intérêt est ailleurs, dans la plongée au cœur du réacteur puisqu’il la suit depuis bien avant sa médiatisation fulgurante.

Thierry Chèze
Cette musique ne joue pour personne : affiche
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Cette musique ne joue pour personne

D’abord il y a ce titre – l’un des plus beaux de 2021 – puis ce plaisir de retrouver Samuel Benchetrit dans cet exercice du film choral où il excelle. Après J’ai toujours rêvé d’être un gangster et Asphalte, il a imaginé ces destins croisés de personnages isolés, enfermés sur eux- même et dans une certaine violence, aux vies soudain éclairées par leur rencontre non programmé avec l’art… et l’amour.

Thierry Chèze
Flag Day : affiche
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Flag day

Sean Penn n’a jamais été un acteur qui réalise des films comme ça, en passant, pour se dégourdir les jambes. C’est un auteur, un vrai. Un héritier de la tradition beatnik, qu’il relit à l’aune d’une désespérance caractéristique de la génération X. S’inspirant de Flim-Flam Man, un livre où la journaliste Jennifer Vogel racontait sa relation complexe avec un père arnaqueur et faux-monnayeur, il revient dans Flag Day à ses thématiques favorites : l’inévitable trahison des pères, et les rébellions qui mènent dans l’impasse.

Frédéric Foubert
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Poumon vert et tapis rouge

Le concept est rigolo comme tout : pour aider le botaniste et biologiste Francis Hallé dans son combat pour sauvegarder les dernières forêts tropicales, le documentariste Luc Marescot décide d’écrire sa première fiction : The Botanist, un thriller écologique dans lequel il rêve de faire tourner Leonardo DiCaprio.

François Léger
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Eugénie Grandet

Paru en 1834, l’Eugénie Grandet de Balzac évoque spontanément bien plus les riches heures de l’ORTF qu’un long métrage de 2021. Comment s’en emparer sans s’enferrer dans le piège de la reconstitution ? Comment lui apporter une modernité sans en trahir le sens ? A ces deux questions, Marc Dugain apporte des réponses plus que convaincantes.

Thierry Chèze
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Les intranquilles

Cinq ans après L’Economie du couple qui avait reçu un très bel accueil à la Quinzaine des Réalisateurs, Joachim Lafosse était de retour sur la Croisette au mois de juillet pour un événement forcément marquant dans son parcours : sa toute première participation à la compétition cannoise. Il en est hélas reparti bredouille, le jury de Spike Lee en ayant décidé ainsi.

Thierry Chèze
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En route pour le milliard

C’est l’histoire d’une double et impossible réparation. Il y a d’abord cette indemnisation promise aux victimes de « la Guerre des Six jours de Kisangi » - affrontement sanglant sur le sol congolais entre l’armée rwandaise et ougandaise en 2000 -, qu’un groupe tente faire valoir auprès des autorités en entreprenant un long voyage vers Kinshasa. Il y a aussi ces corps meurtris, amputés qui sont autant des preuves de la brutalité dudit conflit que les stigmates d’une douleur éternellement à vif.

Thomas Baurez
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Guermantes

Christophe Honoré filme les répétitions d’un spectacle menacé par la crise sanitaire et fait intelligemment déborder le réel du cadre.

Thomas Baurez
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Bigger than us

Le mois dernier, le festival de Cannes créait une section éphémère « Le cinéma pour le climat ». Bigger than us est le premier des sélectionnés à débarquer en salles… mais aussi le premier long métrage de Flore Vasseur. Elle y suit les pas de Melati, une Indonésienne de 18 ans, engagée depuis sa prime enfance pour réparer un monde abîmé par les générations précédentes qui part à la rencontre d’autres tout jeunes femmes et hommes très actifs sur les sujets du climat, de la justice sociale, de l’accès à l’éducation… aux quatre coins du monde.

Thierry Chèze
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Sans signe particulier

Genre à part entière, le film de frontière est surtout l’apanage des cinéastes américains qui en font, pour la plupart, leur cheval de bataille progressiste en portant un regard empathique, sinon moralisateur, sur le sujet. Pour son premier film, Fernanda Valadez propose le point de vue mexicain, et c’est forcément original : il ne s’agit plus de montrer l’oppresseur mais l’oppressé.

Christophe Narbonne
Stillwater : affiche française
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Stillwater

Bill Baker (Matt Damon), foreur de pétrole du fin fond de l’Oklahoma - la petite ville de Stillwater qui donne son titre au film - s’installe à Marseille pour tenter de faire innocenter sa fille (Abigail Breslin), emprisonnée pour un meurtre qu'elle nie avoir commis. Bloqué par la barrière de la langue, il demande de l'aide à Virginie (Camille Cottin) et sa jeune fille, avec qui il se lie d’amitié.

François Léger
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Notturno

Un film de lumière sur l’obscurité de la guerre. Voilà le pari que s’est fixé l’immense documentariste Gianfranco Rosi (Fuocoammare). Alors il est allé poser sa caméra le long des frontières de l’Irak, de la Syrie et du Liban, dont les habitants vivent depuis des années un enfer sans fin. Notturno raconte une journée ordinaire dans ces vies extra- ordinaires, détruites par Daech.

Thierry Chèze
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Je m'appelle Bagdad

Le titre ne ment pas. L’héroïne du deuxième film de la brésilienne Caru Alves de Souza (le premier, De menor, est inédit en France) a bien pour prénom Bagdad. Elle a 17 ans et partage son temps entre sa famille de sang (sa mère et ses sœurs) ou de cœur (les amis de sa mère, figures de la communauté LGBT fortes en gueule et en cœur) et la bande de skaters dont elle est la seule fille.

Thierry Chèze
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La Troisième guerre

Qui sont ces silhouettes incongrues dans un pays censément en paix avec lui-même mais que des menaces cycliques (insurrection, terrorisme...) oblige à rester aux aguets ? Dans les gares, dans les métros, dans les lieux touristiques, des jeunes militaires - le visage souvent poupin et le Famas en bandoulière - se mélangent ainsi aux badauds. Le climat de peur que leur présence ne manque pas d’instaurer, Giovanni Aloi - jeune cinéaste italien dont c’est le premier long-métrage -, le renverse en se plaçant du point de vue de ces soldats, de l’un d’entre eux en particulier.

Thomas Baurez
Affiche Tout s'est bien passé
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Tout s'est bien passé

POUR

Thomas Baurez
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Ma mère est un gorille (et alors ?)

Adaptation d'un roman pour la jeunesse signé Frida Nilsson, ce film d'animation qui nous vient de Suède s'adresse aux plus petits, mais ne le prenez pas de haut : c'est une charmante découverte. Son dessin minimaliste convient parfaitement à cette petite histoire d'adoption d'une fillette par une gorille brocanteuse. Cette micro famille recomposée doit affronter toutes sortes de conventions, aussi bien économiques, culturelles que narratives.

Sylvestre Picard
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La Voix d'Aïda

On avait découvert Jasmila Žbanić en 2006 avec Sarajevo, mon amour, où elle revenait sur les plaies mal refermées de la guerre en ex- Yougoslavie dans les années 90. Depuis, avec Le Choix de Luna, Les Femmes de Visegrad ou One day in Sarajevo, en croisant régulièrement le même sillon, elle n’avait jamais retrouvé la puissance de son premier geste… jusqu’à donc cette Voix d’Aïda. Son intrigue se déroule en 1995 à Srebrenica dont les habitants attendent avec angoisse l’arrivée imminente de l’armée serbe.

Thierry Chèze
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Le Sommet des Dieux

Fukamachi, photographe japonais, enquête sur Habu, une légende déchue de l'alpinisme nippon qui détient un appareil photo des années 20 renfermant peut-être le secret de la conquête de l'Everest. Mais Habu possède aussi son lot de sombres secrets...

Sylvestre Picard
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Dune

Que reste-t-il à écrire sur Dune ? Qu'est-ce que vous lirez ici qui n'a pas déjà été écrit ailleurs ? Sur l'oeuvre originale, comme sur ses adaptations, il semble que tout ou presque a déjà été dit. Il n’y aurait donc plus rien à écrire, ni à faire et ce sentiment d'impuissance rejoint le sentiment de découragement du spectateur face au blockbuster américain, domaine dévasté sur lequel règne désormais Marvel et où il ne semble plus rien y avoir à faire non plus. Tout serait donc terminé ? Et c'est là que le Dune de Villeneuve apparaît.

Sylvestre Picard