Date de sortie 25 septembre 2019
Durée 75 mn
Réalisé par Frank Beauvais
Scénariste(s) Frank Beauvais
Distributeur les bookmakers Capricci Films
Année de production 2019
Pays de production France
Genre Film documentaire
Couleur Couleur

Synopsis

La circulation des images est sans fin, des fragments de centaines de longs métrages se succèdent rapidement. Pendant toute la durée de cet essai autour du found-footage, ces fragments illustrent la narration en voix off du cinéaste, qui s'apparente à un journal intime couvrant la période d'avril à octobre 2016. Après s'être séparé de son partenaire, avec lequel il s'était installé dans une partie reculée de l'Alsace des années auparavant, le cinéaste y vit désormais isolé, sans voiture, sans travail, sans avenir. Il parle de cette existence solitaire, de sa dépression et de ses attaques de panique, de son obsession de regarder un grand nombre de films (à la fois bénédiction et malédiction), de la perte de son père, de la visite d'amis cinéastes portugais, des attentats terroristes de Nice, de la mort de Prince, des réfugiés en Méditerranée et du nettoyage de son appartement avant son déménagement prévu à Paris, qui offre la lumière au bout du tunnel . Le montage d'images et de voix off mené à un rythme effréné relie des crises personnelles et des événements mondiaux, devenant ainsi le document d'une partie de la vie et d'un pays en état d'urgence.

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Critiques de Ne croyez surtout pas que je hurle

  1. Première
    par Thierry Chèze

    C’est un documentaire qui ne ressemble vraiment à aucun autre. Un monologue intérieur comme jeté à la face du monde, bouillonnant et pourtant d’une maîtrise insensée. Un film éminemment personnel et pourtant foncièrement universel. Car la dépression de son auteur est une maladie qui peut ronger chacun d’entre nous. Car ce monde agressif qui l’étouffe est aussi le nôtre. En janvier 2016, six mois après la fin d’une histoire d’amour qui l’avait conduit à s’installer dans un petit village d’Alsace, Franck Beauvais se retrouve seul, au chômage, coupé de ses proches et sans perspective d’avenir. La nature luxuriante qui l’entoure pourrait être source d’apaisement. Elle ne fait que rajouter à sa noirceur, décuplée par l’écho lointain du monde extérieur : notre pays plongé en état d’urgence après les attentats de novembre. Alors, pour passer le temps, il visionne des films. Matin, midi et soir, jusqu’à plus soif. Et un beau jour, au bout d’un an, alors qu’une éclaircie apparaît dans son existence, il se décide à raconter ce mal-être par ces films qui l’ont accompagné quotidiennement. Un mash-up de courts extraits des quelque 400 œuvres de fiction vues, accompagné en voix off du journal intime de cette descente aux enfers et d’une possible remontée vers des eaux moins sombres. Le résultat se révèle d’une poésie aussi renversante qu’envoûtante, où jamais les mots ne viennent expliquer les images, pas plus que les images ne bégaient avec les mots. Un geste cinématographique d’une beauté poignante.