Wild Reese Witherspoon
20th Century Fox

La comédienne brille dans cette aventure rythmée par une BO parfaite à revoir à partir de 23h30 sur M6.

Reese Witherspoon  se met à nu dans Wild, le  film de Jean-Marc Vallée sorti début 2015 au cinéma. Au sens propre comme un figuré. Jean-Marc Vallée, le réalisateur de Dallas Buyers Club a filmé l'actrice à travers les USA, dans la peau d'une jeune femme qui plaque tout pour se lancer dans un périple solitaire à la mort de sa mère. Pour faire son deuil et surtout pour se retrouver, elle décide de parcourir 1700 kilomètres. A pied. La comédienne porte donc ce film entièrement sur ses épaules : d'ailleurs, en plus d'en être la star, elle est aussi à la production, afin de contrôler toutes les étapes de cette aventure inspirée d'une histoire vraie (Vallée a adapté le livre autobiographique de Chery Strayed, Wild : Marcher pour se retrouver avec Nick Hornby, l'auteur de High Fidelity).

Reese Witherspoon : "Un gros studio ne nous aurait jamais laissé faire Wild comme on voulait"

Pari réussi pour la comédienne de Walk the Line et Big Little Lies, comme l'écrivait Première à sa sortie : "Il y a cette scène géniale dans "La Mort suspendue", de Kevin Macdonald, où le héros alpiniste, bloqué dans une crevasse, sait qu’il va y passer et dit que tout ce qui occupe son esprit à ce moment-là, c’est la chanson de Boney M., "Brown Girl in the Ring". Parce qu’il a fini par s’en sortir, l’anecdote est aussi amusante que vertigineuse car elle révèle la place centrale qu’occupe la musique dans notre esprit quand le sol se dérobe sous nos pieds. À sa manière, "Wild" évoque également cette idée-là, sauf qu’ici Simon and Garfunkel remplacent Boney M. La rencontre entre deux obsessionnels de la pop, Nick Hornby au script et Jean-Marc Vallée à la caméra, ne pouvait déboucher que là-dessus. L’intelligence du film est de formuler cette idée en creux, sachant que la partie émergée, plus attendue, tient à la fois de la balade existentielle vers le grand nulle part et du mélo sacrément chargé. Porté par l’art du chromo du cinéaste et par la mélancolie de son scénariste, on comprend vite que "Wild" doit s’aborder comme un véritable voyage mental dans lequel l’héroïne fouillerait dans sa mémoire afin de mettre au jour des bribes d’humanité. Pour que cela fonctionne, il fallait trouver une harmonie, mettre en place une écriture purement musicale. D’où cette idée du patchwork FM assemblant époques et tonalités comme autant de points d’ancrage sensibles. Lorsque Cheryl, à la fin de l’aventure, décide de devenir quelqu’un d’autre, il ne lui reste plus que la mélodie d’El Condor Pasa pour se souvenir une dernière fois du chemin parcouru."

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