Godzilla vs. Kong
Legendary Pictures

Le nouvel opus de la franchise a beau être, par instant, spectaculaire, il n'en demeure pas moins très décevant.

Évidemment, Godzilla vs. Kong est un pur film de cinéma, à voir sur grand écran, le plus grand possible, avec un son optimum pour se faire souffler à chaque coup de poing du géant gorille américain, sur le museau du simili-dino irradié d'origine nippone. Évidemment, découvrir ce genre de blockbuster sur une télévision n'est pas souhaitable. Mais il faut bien faire avec l'époque. La pandémie est là. Les salles sont fermées. Et c'est donc en VOD que sort aujourd'hui en France Godzilla vs. Kong.

Dans cette suite directe de Godzilla 2 : Roi des Monstres, l'humanité a appris à vivre avec ces titans qui peuvent tout ravager en un instant. Heureusement, le mâle Alpha, le plus puissant d'entre tous, n'a pas d'intention belliqueuse avec l'Homme. Du moment qu'on lui fiche la paix, il passe son temps à roupiller au fin fond des océans. Sauf que Godzilla décide soudainement d'attaquer une base de recherches en Asie du sud-est. Serait-il tout à coup devenu une menace inarrêtable ? L'Organisation Monarch mise alors sur Kong, gorille phénoménal tout aussi redoutable et candidat au titre d'Alpha, caché depuis des années par les scientifiques qui l'ont ramené de Skull Island pour éviter justement une nouvelle colère de Godzilla...



Bien sûr, les deux Alphas en puissance vont se croiser et ça va faire mal. Côté baston, il n'y a pas de quoi se plaindre. Godzilla vs. Kong frappe fort. Visuellement, la surdose de CGI ne brûle pas trop la rétine et les séquences sont suffisamment spectaculaires pour impressionner, même si la mise en scène d'Adam Wingard manque souvent d'inspiration. Le hic, c'est que ce déchaînement de force brute nous laisse complètement de marbre.

Ce quatrième film de la franchise MonsterVerse avance bêtement, machinalement, vers ses points de passage obligés, du "Round one" au "Round final". Si l'on retire le gigantisme du truc, on pourrait résumer le film à un match de jeu vidéo vintage, Bowser contre Donkey Kong, d'une pauvreté déconcertante. Parce que le plus absurde dans Godzilla vs. Kong, ce n'est pas la querelle des Kaijus. Pour tout dire, on dévore encore avec des yeux d'enfants une bonne vieille explication sauvage entre deux monstres plus grands que nature... du moment qu'elle est bien amenée ! Sauf que le blockbuster a complètement négligé l'avant, l'après, l'autour.

Godzilla vs. Kong
Warner Bros.

Dans Godzilla vs. Kong, tout ce qui n'est pas baston est monstrueusement saugrenu. Les scénaristes Eric Pearson et Max Borenstein ont clairement voulu trop en mettre et on écrit trois films en un, sans queue ni tête. Des intrigues décousues, qui s'emboîtent aussi mal que les pièces de puzzles différents. Passe encore ce "rip-off" bancal de Voyage au centre de la Terre - sorte de parodie involontaire de L'Âge de Glace III -, mais toute la partie avec Millie Bobby Brown est indéniablement superflue. Comme empilée sur la trame principale, pour faire revenir la star de Stranger Things (arrivée en 2019 dans Godzilla 2), et la garder au cœur de la franchise. Sans humains suffisamment épais à leurs côtés pour les faire briller, les deux créatures finissent le film aussi rincés que nous, laissant comme un arrière-goût de beaucoup de bruit pour rien. Peut-être ce qu'il y a de pire pour un film du genre. Mieux vaut rallumer sa bonne vieille Super Nintendo.