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Le Festival de Cannes et ses films, ses suprises, ses désillusions, ses stars, son glamour et ses paillettes...On vous dit tout dans le journal Cannois de Première.fr.Jeudi Premier film en compétition officielle, le chinois Chongqing blues raconte l’enquête d’un père absent (il est pêcheur) sur la mort de son fils qu’il a trop peu connu. A côté, le road movie de Mathieu Amalric est une récréation : il suit un tourneur approximatif (Amalric) dans sa tentative d’honorer ses dates avec une équipe de strip-teaseuses américaines spécialisées dans le burlesque. Comme souvent dans ce genre d’exercice, l’important n’est pas la destination mais le voyage, qu’Amalric et sa troupe d’accortes interprètes rend plaisamment vivant, coloré et amusant. C’est un film de bonnes intentions, encore chargé d’influences multiples et contradictoires, mais la somme de ses qualités surpasse largement ses défauts. Le nuit est chargée en évènements : la soirée Chopard, boostée par la présence comme guest DJ de l’incroyable Michelle Rodriguez. Avant de partir, elle arrachera par surprise un poil pectoral à chacun des DJ, pour garder un souvenir. A côté, la Quinzaine fête son ouverture avec un concert du groupe montré dans Benda Bilili. L’accès à la plage est fermé pour éviter les possibles inondations (les vagues sont encore menaçantes) et la densité de fêtards est très forte. Il est temps d’aller faire un tour à côté, à la fête d’ Amalric, où la troupe de 5 strip-teaseuses répand la bonne humeur. Par bonheur, on n’a pas fini de les revoir. VendrediJournée coréenne aujourd’hui avec d’abord un film inattendu en ouverture de la Semaine de la critique: Bedevilled est un premier film qui dénonce un système patriarcal où les femmes sont abusées de la pire des façons, souvent avec leur consentement et parfois leur complicité. L’action a lieu sur une île où deux points de vue se confrontent, ceux de deux amies d’enfance dont l’une a fui l’île pour s‘installer à Séoul, l’autre est restée, pour son malheur. Alors que la première reste coincée dans son incapacité à dénoncer les abus, la seconde sera le moteur d’une nécessaire révolte et fera basculer le film dans un genre proche du « rape and revenge ». Plus attendu , mais assez proche dans les thèmes, The housemaid de Im Sang Soo est le remake d’un film coréen séminal qui démontait les rapports de pouvoir entre les maîtres et les domestiques, à travers l’histoire d’un servante qui couche avec le maître de maison. Im Sang Soo a complètement réinventé l’histoire en la simplifiant , mais pour la première fois, il semble manquer de vapeur pour développer son sujet avec toute l’intensité nécessaire. Du coup il se rattrape sur le style, splendide mais un poil trop voyant. Le hasard faisant bien les choses, il montre à quel point l’original a marqué la génération actuelle de cinéastes coréens, puisque The housemaid comme Bedevilled racontent la même chose : le parcours d’une femme dominée qui se venge en inversant les rapports de force. Le soir, fête Canal au Suquet sur une terrasse qui domine la baie de Cannes. Le cadre est parfait, c’est traditionnellement la première grande fête cannoise qui rassemble à peu près toute la profession française. Nos amies de La Tournée sont là, toujours très visuelles, avec leurs tatouages et leur maquillage. SamediPrésenté à Un certain regard Chatroom de Hideo Nakata est une déception, malgré la forte présence de son interprète principal Aaron Johnson, récemment vu dans Kick Ass. En adaptant la pièce du scénariste de Hunger, le japonais a presque trouvé son sujet le plus intéressant depuis Ring : une réflexion sur l’influence potentiellement néfaste des échanges virtuels auprès des adolescents. Hélas, le scénario ne traite qu’en surface le malaise existentiel adolescent, et le dispositif de mise en scène qui consiste à alterner les deux univers (réel et virtuel) montre vite ses limites. A la quinzaine, un curieux film de cannibales Somos lo que hay finit par emporter le morceau après avoir tourné autour du pot pendant un moment. En gros, le film reprend le postulat de Six feet under (une famille sous le choc de la mort du père invente un nouveau mode de vie) . Ici, la famille a besoin de tuer pour vivre, mais ne le fait que selon certains rites. Si leur logique est souvent difficile à capter, elle aboutit à une séquence finale surréaliste et traversée de flashes d’ultra violence . Plus léger, Kaboom est la dernière farce adolescente de Gregg Araki dont le Doom generation remonte déjà à plus de quinze ans. Ici, il se penche sur un petit groupe d’ados à la recherche de leur identité sexuelle sur fond de comédie de science-fiction avec des drogues, des sectes, une conspiration et l’apocalypse. Présenté hors compétition en séance de minuit, le film est suivi d’une énorme fête qui invite aux débordements sexuels et aux libations. Si la première partie du programme est restée comme il se doit dans le domaine privé, la seconde a été largement suivie, surtout par certains, qui se reconnaîtront. G.D.