King & Conqueror
BBC

Guillaume le Conquérant et Harold Godwinson s’affrontent pour le trône anglais dans une mini-série mêlant Histoire, fiction, batailles sanglantes et intrigues machiavéliques. À voir sur Canal +.

Guillaume et Harold étaient destinés à se croiser un jour sur un champ de bataille. Deux amis poussés par le destin à s'entretuer pour la couronne d'Angleterre...

La série King & Conqueror arrive sur Canal + en France pour nous raconter la passionnante entreprise de Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie aux ambitions folles,  seul continental à avoir réussi à poser ses fesses sur le trône insulaire. Une Histoire faite de trahisons, de coups de poker et d'affrontements sanglants, mais dont le cinéma ou la télévision ne se sont que trop rarement emparés. C'est donc une coproduction internationale - portée par les Britanniques de la BBC - qui s'en charge, sous la format d'une mini-série en 8 épisodes. Une fiction moyen-âgeuse, qui a le mérite de délaisser enfin les Tudor et les Windsor pour explorer un pan moins connu de l’Histoire britannique : celui du XIe siècle, juste après les invasions vikings, à une époque où le Royaume de France et celui d’Angleterre se regardaient en chiens de faience.

King & Conqueror
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Le récit met en scène l’affrontement entre Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, et Harold Godwinson, comte de Wessex, qui vont tous deux revendiquer le trône après la mort d’Édouard le Confesseur. S’ensuit une guerre de succession pour les âges, qui culmine avec la bataille de Hastings, victoire normande qui installera un Français à la tête des Anglo-Saxons. Une page majeure de l'Histoire européenne immortalisée par la légendaire tapisserie de Bayeux, et que tente de raconter la (moins légendaire) série de la BBC.

De toute évidence, King & Conqueror lorgne du côté de Game of Thrones (et pas seulement parce que Nikolaj Coster-Waldau est au casting, épée à la main) et tente de surfer sur les grandes fictions de fantasy médiévales du même acabit. Si ce n'est que là, il n'est pas question de fantasy. Quoi que... Le scénario enchaîne les petits arrangements avec la vérité si bien que la série tient davantage de la pure fiction que de la reconstitution historique. Elle prend d'innombrables libertés pour épaissir ses personnages et leurs arches. On pourra toujours arguer qu’il s’agit d'un divertissement et non d’un documentaire. Soit. Mais, sans être doctorant en Histoire, on ouvre des yeux ronds devant certaines intrigues inventées pour l’occasion, des relations fraternelles fantasques aux tentatives d’assassinat ou d’invasions carrément grotesques.

King & Conqueror
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Une fois, qu'on a accepté cette version du roman, King & Conqueror ne manque certainement pas d'atours. Le décorum est très immersif. Les scènes de bataille sont filmées avec beaucoup d'intensité, tandis que les épées s'entrechoquent et qu'une mort dégueulasse attend la plupart des soldats de l'infanterie envoyés à la boucherie pour le compte des nobles des deux rives. La production (principalement tournée en Islande) utilise un maximum de décors réels, de lumière tamisée, pour instiller une ambiance qui sent bon le Moyen-âge crasseux. Dommage que tous les effets numériques soient aussi poussifs. De toute évidence, King & Conqueror a manqué de moyens pour aller au bout de ses ambitions.

Alors la série s'appuie sur ses personnages. Elle romance. Elle brode. Imagine des dialogues croustillants et fantasme des rencontres excitantes, qui permettent au casting de se mettre en valeur : Clémence Poésy illumine l’écran en reine Mathilde machiavélique, aux côtés de Nikolaj Coster-Waldau, charismatique en Guillaume le Conquérant, et du toujours attachant James Norton, jeune héros de ce conte (vu par les Anglais) à prendre pour ce qu'il est.

King & Conqueror, à voir sur Canal + et MyCanal à partir du jeudi 12 février 2026


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