Le top 20 des meilleurs films originaux Netflix
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De The Irishman à Uncut gems, en passant par Annihilation, Marriage story ou Le Diable, tout le temps, la firme a un solide catalogue en 2021.

Désormais impossible à ignorer pour les cinéphiles, Netflix enchaîne les longs-métrages de qualité et attire les plus grands réalisateurs de la planète (Scorsese, Fincher, les Coen, Bong Joon Ho...). Retour sur les 20 meilleurs films originaux Netflix en 2021. Attention pour les puristes : nous prenons ici en compte les films sortis uniquement sur la plateforme en France, même s'ils ont été distribués au cinéma dans d'autres pays. Par ailleurs, nous avons fait le choix de nous focaliser uniquement sur les fictions, les documentaires feront l'objet d'un classement à part.

20. The Meyerowitz Stories (Noah Baumbach, 2017)
Une famille éparpillée en mille morceaux façon puzzle qui essaie tant bien que mal - et plutôt mal que bien - de recomposer un semblant d'unité à l'occasion d'une cérémonie où l'on rend hommage au patriarche de la tribu, artiste. L'ombre de Woody Allen plane sur ce film choral où l'on retrouve aussi et surtout la patte des précédents films de Baumbach. Ce mélange savoureux entre profonde tristesse et ironie mordante. Son art des dialogues aux punchlines qui laissent KO. Et son sens du casting imparable: Dustin Hoffman, Emma Thompson, Ben Stiller et Adam Driver s'y amusent comme des petits fous. Leur plaisir est joyeusement contagieux.

Netfilix France / Gilded Halfwing Inc.

19. Dolemite is my name (Craig Brewer, 2019)
La vie et l’œuvre de Rudy Ray Moore, amuseur public, pionnier du rap, idole de la Blaxploitation, par les rois du biopic Scott Alexander et Larry Karaszewski. Le côté Ed Wood du film (la reconstitution minutieuse et rigolarde de nanars seventies) sent un peu le réchauffé, mais le plaisir d’assister à la résurrection d’Eddie Murphy – déchaîné, impérial, enfin dans un rôle digne de ce nom – est immense. Vivement Un Prince à New York 2 et Le Flic de Beverly Hills 4.

Dolemite is my name
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18. Beast of no Nation (Cary Joji Fukunaga, 2015)
Il y a pratiquement six ans - soit une éternité à l’échelle d’une plateforme de streaming -, Cary Fukunaga forçait le monde entier à regarder Netflix avec un oeil nouveau. De Beast of no Nation, on se souvient surtout d’un grand film de guerre sur les enfants soldats, porté magistralement par Idris Elba et le tout jeune Abraham Attah. Mais c’est aussi la véritable naissance d’un cinéaste, qui confirmait l’essai après ses fascinants Sin Nombre et Jane Eyre, et surtout la première saison de True Detective. On attend avec impatience de découvrir Fukunaga en réalisateur de blockbuster avec Mourir peut attendre, le prochain James Bond.

DR

17. La Plateforme (Galder Gaztelu-Urrutia, 2020)
Film fantastique espagnol débarqué sans crier gare, La Plateforme s’est imposé comme l’un des grands hits de 2020 sur Netflix. L’histoire dingue d’une prison verticale divisée en étages : les détenus situés le plus haut peuvent se servir dans un buffet gargantuesque pendant deux minutes, puis la plateforme sur laquelle se trouvent les mets descend automatiquement à l’étage du dessous, et ainsi de suite. Quand la plateforme arrive tout en bas, il ne reste évidemment plus rien à becter… Une chouette série B quelque part entre Cube et Snowpiercer, qui tire à boulets rouges sur le capitalisme.

La plateforme
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16. Six Underground (Michael Bay, 2019)
Une équipe de super-mercenaires essaye de débarrasser la planète de ses méchants dictateurs en faisant tout péter sur son passage… Le Mission : Impossible de Michael Bay est certes ponctué de vannes bas du front souvent lamentables, taillées sur mesure pour Ryan Reynolds par les scénaristes de Deadpool, mais comporte aussi les scènes d’action les plus généreuses et dingo de l’écurie Netflix, un festival de frime pyrotechnique et cartoonesque. Dans 6 Underground, Bay passe son temps à saccager des musées, à saloper des œuvres d’art et à assumer crânement son mauvais goût. Pas interdit d’y voir son manifeste auteuriste terminal. Son Irishman, ou Mank, à lui.

6 Underground
Christian Black/Netflix

15. Jessie (Mike Flanagan, 2017)
Avant de s’attaquer à Doctor Sleep, la suite de Shining, Mike Flanagan se faisait la main avec Jessie, autre adaptation de Stephen King. Scénario ultra simple mais trouille maximale : alors qu’elle pratique un jeu sexuel avec son mari dans une petite bicoque au fond des bois, monsieur fait une crise cardiaque et décède sur le plancher en bois. Menottée au lit, Jessie tente de survivre… Une grande performance solo pour Carla Gugino, bien aidée par un Flanagan qui trouve le juste milieu entre son adoration pour le King et sa volonté de capter l’essence du bouquin.

Jessie
Netflix

14. Minuit dans l’univers (George Clooney, 2020) 
Sans doute échaudé par l’accueil glacial réservé à Bienvenue à Suburbicon, George Clooney a décidé de quitter sa zone de confort avec ce blockbuster mêlant aventures spatiales et survival post-apo. Mais qu’il parle de la télé noir et blanc des fifties (Good Night and Good Luck), du combat contre le nazisme (Monuments Men) ou, comme ici, de l’état délétère de notre planète en 2049, George Clooney (le réalisateur) aspire toujours à la même chose : prendre le pouls de l’époque pour mieux délivrer un message d’espoir. Quant à George Clooney (l’acteur), les cheveux blanchis, le front soucieux, débarrassé de ses tics ironiques, il a rarement paru aussi habité.

The Midnight Sky
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13. Klaus (Sergio Pablos, 2019) 
Pour ses premiers pas dans le cinéma d'animation, la plateforme de streaming a réussi une prouesse : remettre la 2D au cœur du débat, ce qu'aucun studio n'avait osé faire ces dernières années. Bien lui en a pris : nommé aux Oscars dans la foulée, le film du cinéaste espagnol Sergio Pablos - passé par Disney et Illumination - a fait rêver petits et grands abonnés, avec ce conte beau et bouleversant, sur les origines des lettres au Papa Noël. Une fantaisie rythmée, intelligente et empreinte d'une ravissante poésie.

Klaus
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12. Les 7 de Chicago (Aaron Sorkin, 2020) 
Scénariste oscarisé de The Social Network, auteur adulé de The West Wing, Sorkin n'est que rarement passé derrière la caméra et forcément, son deuxième long métrage (après Le Grand jeu en 2017) est un événement. Une merveille de film judiciaire, qui raconte l'Amérique contestataire des années 1960 sur fond de guerre du Vietnam. Dans un contexte socio-politique tendu comme jamais outre-Atlantique, ce procès des 7 de Chicago résonne formidablement dans l'air du temps, en s'appuyant des dialogues cinglants égrainés à la perfection par un casting au diapason.

Les Sept de Chicago
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11. Okja (Bong Joon Ho, 2017)
Avant de conquérir la Croisette, Hollywood et le monde entier avec son Parasite, le cinéaste sud-coréen a fait un détour par le streaming pour signer l'un des premiers films originaux Netflix à faire sensation. Avec son cochon géant improbable et sa critique maline de la société de consommation, Okja est à la fois une œuvre insaisissable et engagée, percutante et presque enfantine. Un film qui dégage une douce étrangeté que ne renierait pas Miyazaki et qui a surtout permis au réseau de streaming de décrocher sa première sélection officielle en compétition au Festival de Cannes, non sans provoquer un certain tollé à l'époque.

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10. La Ballade de Buster Scruggs (Joël et Ethan Coen, 2018)
Première n’avait pas rangé ce film des Coen parmi les réussites majeures des frangins. On ne va pas faire les malins en prétendant aujourd’hui le contraire même si cette ballade westernienne (décomposée en six chapitres) renferme en son sein une pépite : le segment 5, La fille qui fut sonnée, le grand drame romantique de leur filmo, un moyen métrage en apparence fordien à l’épreuve du nihilisme ironique et funèbre du projet dans son ensemble. On regrette qu’il n’ait pas débouché sur un long-métrage à part.

The Ballad of Buster Scruggs
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9. Le Diable, tout le temps (Antonio Campos, 2020)
Les USA d’après-guerre. Un prêcheur illuminé, un pasteur dépucelant de jeunes écolières, un shérif meurtrier et un couple de criminels itinérants… Et au milieu de ce freak show, un orphelin tente de fuir son destin écrit en lettre de sang. Antonio Campos adapte le roman de Donald Ray Pollock et se confronte à une question : corrompu par le fanatisme religieux et la sauvagerie, que lègue-t-on à nos fils sinon la violence aveugle ? Plus qu’une série de portraits de désaxés, Le Diable… est une quête de rédemption, portée par des stars à contre-emploi. Âmes sensibles s’abstenir.

Le Diable, tout le temps
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8. The Forest of Love (Sono Sion, 2019)
Alors qu’un serial killer rôde, deux ex-collégiennes sont mises à contribution par trois copains qui aimeraient bien que l’un des leurs perde sa virginité. Ces trois garçons sont également cinéastes en herbe et ils vont chercher à retrouver le tueur pendant que des flashbacks reviennent sur les premières amours (saphiques) des deux filles. Bienvenue dans l’univers trash et maboule de Sono Sion. Le cinéaste japonais tisse un autoportrait stupéfiant tout en multipliant les happenings avec pour objectif réduire de passer à la sulfateuse toutes les normes de la société japonaise. Bordélique, jouissif, stupéfiant : une expérience.

The Forest of Love
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7. Mank (David Fincher, 2020)
Les grands films où Hollywood se regardent dans le blanc des yeux sont légions et invitent sinon à une falsification de l’histoire, du moins à une relecture forcément subjective. Après tout l’usine à rêves incite aux fantasmes. Fincher se paye ici la tronche de l’orge Orson Welles en le laissant (quasi) hors champ et place Mank - clown éthylique surdoué - au centre de la genèse de Citizen Kane. Il en résulte un film faussement binaire sur un esprit tourmenté marqué au fer rouge par ses blessures et ses humiliations passées. Une fois mis à l’écart du monde, l’homme, tel le Amadeus de Milos Forman composant son Requiem cloué au lit, façonne un Golem qui finira par lui ressembler un peu.

GALERIE
NETFLIX / NETFLIX / 2020 NETFLIX, INC.

6. Marriage story (Noah Baumbach, 2019)
Le titre est trompeur : le film de Noah Baumbach est la chronique terrible d’un divorce où tous les coups sont permis entre les deux parties adverses, attisées par l’orgueil de leurs avocats. Car Marriage story dresse aussi le constat, cruel, de la judiciarisation de la société américaine, prête à avaler tout cru ses enfants qui ne rentrent pas dans les cases qu’on leur a assignées. Rien ne vaut le dialogue, même violent, comme dans LA scène du film où les deux ex-amants se disent leurs quatre vérités, retrouvant au passage une humanité dont la procédure les avait privés.

Marriage Story - Scarlett Johansson et Adam Driver
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5. Je veux juste en finir (Charlie Kaufman, 2020)
Pourquoi cette jeune femme a accepté d'affronter une tempête de neige pour rencontrer ses beaux-parents ? Pourquoi est-ce qu'ils changent de visage sans cesse ? Pourquoi ces inserts sur un homme de ménage dans un lycée ? Pourquoi les choses apparaissent et disparaissent ? Le dernier film de Charlie Kaufman prend l'autoroute perdue explorée par Lynch pour mieux nous perdre dans un tourbillon de sensations finalement moins obscures que lumineuses. Jamais un film au titre aussi sombre n'aura été aussi chaleureux.

Je veux juste en finir
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4. Annihilation (Alex Garland, 2018)
Après son prodigieux Ex machina, Garland adapte très librement le roman Annihilation de Jeff VanderMeer. Il y est question d’une mystérieuse zone qui se propage le long des côtes américaines, dont aucun militaire envoyé en exploration ne semble revenir. Une biologiste (Natalie Portman, troublante) y trace sa route, en quête de réponses et de son mari disparu. Annihilation s’envisage comme un puzzle à grande échelle, trip sensoriel cauchemardesque qui renferme la scène horrifique la plus démente de ces dix dernières années. Un classique SF immédiat.

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3. Roma (Alfonso Cuarón, 2018)
Afonso Cuarón revient au Mexique pour une évocation de sa jeunesse dans le quartier de « Roma ». Tourné en noir et blanc et en scope, le film est une ode magnifique à l’alliance de deux femmes, Sofia la bourgeoise et Cleo, la domestique, autant qu’une tragédie sur la fatalité sociale. Récompensé par le Lion d’or au Festival de Venise et par l’oscar du meilleur réalisateur, son making of (Road to Roma) visible aussi sur la plateforme vaut le détour. 

Roma Alfonso Cuaron
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2. Uncut Gems (Benny et Josh Safdie, 2020)
En montrant ses souillures, la Big Apple n’a jamais paru aussi photogénique. Les frères Safdie revisitent le New-York interlope faisant feu de tout bois. La caméra mobile et excitée coince sans arrêt dans les cordes Adam Sandler qui résiste, esquive plus qu’il ne donne les coups. Uncut Gems sous ses allures de diamant oublié du Nouvel Hollywood, tient paradoxalement sa fraîcheur de son électricité foudroyante. On tombe, on se relève, on se fatigue, on se cogne et quand le héros prend enfin le temps de s’asseoir, c’est dans un placard à balais ! Un an après, on est toujours sonné. 

Uncut Gems
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1. The Irishman (Martin Scorsese, 2019)
Alors que de nombreux cinéphiles soudain devenus experts en effets spéciaux se moquaient du rajeunissement plus ou moins foireux des visages de Robert de Niro et Joe Pesci à l’écran, Scorsese délivrait une fresque crépusculaire terriblement émouvante en conviant autour de la table les fantômes de son cinéma et de l’Amérique des fifties. Le nouveau venu, Al Pacino - permanente ad hoc - réveillait à lui seul les morts. Pourtant, c’est bien Hoffa qui finira sur le carreau lors d’une séquence qui restera dans les annales du cinéma. Le premier chef-d’œuvre 100 % Netflix.

The Irishman
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