GALERIE
Universal Pictures

L’équipe de water-polo gay remet le couvert avec une suite qui se débarrasse de tous les artifices du premier film . Une explosion du cadre salvatrice.

Après un premier film un peu foutraque mais franchement rigolo lorgnant vers un Grand Bain gay, les Crevettes pailletées reviennent en bousculant leur propre formule. Pas question pour les réalisateurs Cédric Le Gallo et Maxime Govare de bêtement s’auto-remaker : La Revanche des Crevettes pailletées met à la poubelle à peu près tout ce qui a fait le succès du premier (la piscine, la compétition…) pour se focaliser sur le groupe, et rien que le groupe. L’équipe de water-polo la plus queer de France rate sa correspondance pour Tokyo, où se déroulent les Gay Games, et se retrouve coincée au fin fond de la Russie, dans une région particulièrement homophobe…

Touchante quand on s’y attend le moins, cette suite, peut-être plus frontalement politisée dans son message (les droits des homosexuels sont au coeur du projet), trouve son ton dans une gravité comique d’équilibriste quasi-inédite sous nos latitudes. Les dialogues percutants rattrapent les inévitables baisses de régime, et le film fait passer ses fantaisies les plus absurdes comme une lettre à la Poste, osant même se transformer pendant un moment en film d’infiltration sous influence bondienne (le long passage qui se déroule dans camp de conversion russe). Mais même dans ses scènes les plus délirantes, La Revanche des Crevettes pailletées est toujours porté par une envie de mise en scène, de sens du cadre, de narration… Bref : de cinéma. Pas donné à tout le monde dans le paysage actuel de la comédie française grand public.

De Cédric Le Gallo et Maxime Govare Avec Nicolas Gob, Bilal El Atreby, David Baiot… Durée : 1h52. Sortie le 13 avril 2022