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N'hésitant pas à flirter avec le noir absolu pendant de longues minutes, les auteurs semblent ainsi éprouver les limites même du médium cinéma, et parfois celle de l'ennui du spectateur. Mais le jeu en vaut la chandelle du côté de la narration.
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L'intérêt du film de Gustavo Hernandez (…) réside moins dans le respect des conventions du genre que dans la performance technique qui consiste à tenir l'action en un plan et en temps dit "réel", au prix parfois d'une torsion un peu cavalière de la vraisemblance. Le sentiment d'une continuité irréfragable du récit, de sa confusion avec le temps de la projection accroît, par moments et avec bonheur, un sentiment de terreur éprouvé par le spectateur.
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Gustavo Hernández est habile pour créer une tension quasi permanente avec le minimum - quelques objets de brocante, des effets sonores et l'obscurité, trouée par le faisceau d'une lampe. Si la résolution de l'énigme déçoit un peu, le film possède un atout qui le différencie du faux cinéma vérité (genre Le Projet Blair Witch), auquel il a été associé, à tort : une vraie actrice, Florencia Colucci, brune élancée en débardeur ensanglanté, replongeant dans une profonde terreur d'enfant. C'est surtout parce qu'elle joue très bien la peur que le film fiche la trouille.
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par Nathalie Dassa
Toutes les critiques de The Silent House
Les critiques de la Presse
Si la vonlonté du réalisateur Gustavo Hernandez est de faire vivre une peur en temps réel en jouant avec le son, les éclairages et la continuité sans manipulation temporelle, ni ellipse, le film tourné à la manière d'un documentaire lorgnant vers Blair Witch ou encore REC, penche progressivement vers un Paranormal Activity ennuyeux.
Un film d'épouvante en un seul plan séquence, efficace mais à la fin un peu décevante.
Si l’effet "peur en temps réel" fonctionne bien au début, le procédé tourne rapidement à vide, faute d’un scénario plus passionnant.
Film d’horreur uruguayen un peu longuet.(…) Une trouille « honnête» pour le spectateur, donc, car captée en plan-séquence.(…)Le temps réel cède vite à un cache-cache poussif où l’on trouve le temps un peu long.
The Silent House, joue la carte du plan séquence unique dans une sorte de re-visitation horrifique de La Corde (...) Des petits riens, une traque avec un ennemi invisible grouillant dans l'obscurité suffisent alors à provoquer un trouble profond.
Parlons peu, parlons bien : ceux qui espéraient un petit phénomène du type « Paranormal Activity » seront déçus. Si la mise en scène ne manque pas d’habileté on suit ou précède Laura dans les recoins de la baraque, aux issues fermées , le scénario soi-disant « inspiré de faits réels », patine dans l’invraisemblance. Couverte de sang et de larmes, la fille en marcel seule alternative à la nuisette, apparemment explore l’obscurité une faucille à la main, traquée par un tueur mystérieux. Cliché ? A mort. L’intrigue s’offre certes un salto inattendu, mais encore moins convaincant. Si ça fait peur ? Un peu, oui, mais c’est loin de suffire.
Ce film d'horreur uruguayen d'un ennui mortel enfonce des portes ouvertes du début à la fin, se contentant de repomper des scènes vues mille fois au cinéma.
C'est une évidence depuis La corde d'Hitchcock : raconter une histoire en plan-séquence est théoriquement amusant mais pratiquement stérile. Avec une maladresse à la limite de la malhonnêteté, The silent House prétend prouver le contraire (...). Au bout d'une heure d'images sans couleurs, sans lumière et quasiment sans action, un twist mal cuit annule tout ce qui précède. Beaucoup de temps perdu.
Le projet est intrigant, le résultat, un pensum irritant filmé en un seul (faux) plan-séquence qui annihile les rares effets de peur et dont la pirouette finale contredit tout ce que l’on a vu auparavant. Ou quand le cinéma d’horreur se prend pour du cinéma d’auteur en gardant le pire des deux catégories


