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Le titre emprunte son nom à une réplique du Richard III de Shakespeare : « Il n’est de bête aussi féroce qu’elle n’éprouve une once de pitié. » Ça tombe bien puisque Burhan Qurbani (Berlin Alexanderplatz) réactualise ladite pièce transposant l’action dans une Berlin en proie à une guerre des gangs arabes. Une jeune femme convoite un trône. Pour parvenir à ses fins, elle n’hésite pas à trahir tout son petit monde. L’histoire est vieille comme la nuit des temps mais le cinéaste germano-afghan l’empoigne avec une telle fougue dévastatrice qu’on reste accroché aux basques de son anti-héroïne qui ne semble plus rien attendre du monde sinon le chaos. La mise en scène assume la théâtralité du matériau originel faisant de chaque décor un lieu sans âge ni identité. C’est peu dire que ça dépote. Si un méchant issu d’un métaverse de l’usine Marvel venait à débarquer au milieu des décombres, on accueillerait la chose sans trop de surprise. L’épreuve vaut largement le détour.


