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Découvrez le hors-série Première : 100 chefs-d'oeuvre que vous n'avez pas vus

Présentation de notre hors-série consacré aux films réussis mais méconnus.

"Voilà un film qui ne laissera pas grand souvenir". Aïe ! En novembre 1978, dans son numéro 22, Première n’était pas tendre avec le Sorcerer de William Friedkin. Pas tendre et franchement pas visionnaire... 37 ans plus tard, au moment où ce road-movie halluciné ressort en salles sous les hourras de l’internationale cinéphile, il n’y a plus grand-monde pour contester sa qualité de chef-d’œuvre. Que conclure de tout ça ? Qu’on ne peut vraiment pas faire confiance aux critiques de cinéma ? Euh… oui, non, enfin… là n’est pas la question. L’idée, c’est surtout que l’Histoire du cinéma est une matière vivante. Un terrain de jeu jamais figé, toujours en mouvement. D’ailleurs, au train où vont les choses, à force d’être cité et découvert par de nouvelles générations de spectateurs, Sorcerer sera peut-être un jour plus célèbre que French Connection et L’Exorciste, les classiques "officiels" de Friedkin. Quels autres grands films méconnus est-il urgent d’aider à réintégrer fissa les livres d’histoire ? C’est la question qui a allumé la mèche de ce hors-série dédié à 100 chefs-d’œuvre que la rédac de Première juge indéniablement géniaux, scandaleusement oubliés, impératifs à réévaluer.

Et pour fabriquer ce numéro, il a fallu fixer des règles du jeu. Vous ne trouverez par exemple ici que des films des 50 dernières années. Parce que ce sont les décennies qu’on croit connaître le mieux, c’était plus excitant de se dire qu’on allait en épuiser les moindres recoins une bonne fois pour toutes. Et puis, soyons sérieux : les années 30 mériteraient un volume à elles seules (l’été prochain ?). Ensuite, il a fallu faire des listes. Des dizaines et des dizaines de listes. En débattre, les amender, les déchirer, en refaire d’autres, argumenter, se prêter des DVD, se réveiller au beau milieu de la nuit parce qu’on avait oublié un titre adoré, puis demander à Woody Allen, Ryan Gosling et quelques autres cinéphiles "stars" de jouer avec nous. Qu’ils soient ici remerciés d’avoir accepté. Il y a eu quelques engueulades, sans doute des oublis majeurs (vous nous direz), et même des miracles. Le spectaculaire traitement (6 pages !) réservé à The Stupids, de John Landis, en est un. Voici l’un des films les plus fabuleusement bizarroïdes de son auteur. Quand on a demandé à l’intéressé ce qu’il pensait de sa présence dans notre liste, il a lâché, stoïque : "Je trouve ça très étrange, à vrai dire." C’était le plus beau compliment qu’on puisse nous faire.
Frédéric Foubert