Les Vengeurs ont donc triomphé ! La réunion des super-héros Marvel est un véritable succès. Le film a déjà totalisé plus de 2 millions d'entrées en France et vient d'exploser le record historique du premier week end au box-office US (avec plus de 200 millions de dollars). Des chiffres monstrueux, même pour une adaptation de comics Marvel. A titre d'exemple, on rappellera que Iron Man, Thor ou encore X-Men avaient attiré autour de 800 000 Français lors de leur première semaine dans les salles. Seuls Spider-Man 2 et 3 avaient fait mieux.Ayant déjà été distribué dans 39 pays, Avengers a amassé plus de 300 millions de dollars dans le monde. En fin de semaine dernière, il n'en manquait plus que 40 pour dépasser le budget initial du film... avant même que le film soit sorti aux US ! Aujourd'hui, Avengers est donc un immense carton dont les conséquences sont énormes. Ce succès lance définitivement la carrière cinéma de Whedon, va rebooster la vague des adaptations de comics et lave l'honneur de Disney (propriétaire du studio Marvel qui se remet à peine du bide John Carter). Mais ce succès est-il vraiment une surprise ?L'union fait la forceEn réunissant des super-héros comme Iron Man, Captain America ou Hulk, Marvel s'assurait une base de fans conséquente. Mais ce qui fait la force de ce projet, c'est qu'il a été pensé dans la durée : des références aux uns et aux autres sont visibles dans tous les films Marvel depuis 2008 et des personnages font le lien entre les différents univers (L'agent Coulson ou Nick Fury...), affichant une véritable cohérence scénaristique."On rassemble quatre énormes films en un seul, ce qui n'a jamais été tenté nous expliquait le boss Marvel Kevin Feige. On y réfléchit depuis 10 ans. Ca a toujours été la destination. Et on n'a pas retenu nos coups : le film fait mal. Très mal". On était prévenus et on devait l'attendre. C'est bien joué, surtout si l'on pense que cette idée était suspendue à un vrai pari économique : si un seul film du lot était un échec, le projet Avengers coulait... Les fans du genre ont pu être déçus par certaines adaptations (qui a dit Hulk ?), mais aucune n'a été un four. Les Vengeurs pouvaient donc se réunir en toute tranquillité, pour combattre un ennemi en commun.Whedon, (super-)héros du mois Mais la route de cette réunion fantasmatique était semée d'embûche. L'accumulation de superhéros et donc de super égos était un des risques majeurs du projet. Rassembler Robert Downey Jr, Samuel Jackson, Scarlett Johansson sur un même plateau pouvait vite devenir un désastre, un sommet de luttes intestines. Il y a quelques mois, Joss Whedon répétait d'ailleurs qu'il était arrivé sur le projet très inquiet de l'attitude de Downey Jr : "Il a cette réputation : il veut tout contrôler, tout réécrire... J'ai toujours été le maître sur les plateaux où j'allais. Là, ce n'était pas le cas".La réussite du film appartient du coup à Whedon. Là encore, on appréciera le risque énorme de ce casting : s'il partait avec un gros crédit auprès des fans Marvel en particulier et de sous-culture en général (il a créé la série Buffy), Whedon est un scénariste télé totalement inexpérimenté dans le domaine du blockbuster. Gérer des effets spéciaux, des superstars et une telle pression était relativement nouveau pour lui - il s'en acquitte avec brio. Ce qui ne lui était pas étranger en revanche, c'était les thèmes du film. Whedon est un génie de la fiction de groupe pleine d'enjeux gigantesques et de sacrifices déchirants. L'un des rares cinéastes en activité à savoir créer un lien et de l'affect avec des personnages... avant de les faire mourir dans d'atroces souffrances. Il a réussi à appliquer ça à son film de superhéros, ce qui n'était pas gagné.Une écriture impressionnante et des critiques élogieusesLa grande force du film tient précisément à l'écriture du groupe. Whedon a su gérer les individualités, donner de la profondeur à des personnages jusque là en retrait (La Veuve Noire, Fury) sans jamais sacrifier l'énergie collective. Il a su transcender le film de super-héros (très à la mode ces derniers temps, ça ne vous aura pas échappé) grâce à ses nombreuses touches d'humour (c'était déjà la recette du premier Iron Man) qui permettent un équilibre entre action et scènes plus calmes, voire intimes. D'ailleurs, loin de paraître bourrin - à la différences des Transformers de Michael Bay - Avengers offre pourtant une confrontation spectaculaire dans un Manhattan post-apocalyptique. Du coup, Avengers a su séduire les critiques et s'impose comme le meilleur film de super-héros de Marvel. Le film agrège 94% d'avis favorables sur le site Rottentomatoes et les critiques françaises sont également très positives.Un Casting parfaitPar ailleurs, que serait Avengers sans un casting aussi attractif ? Iron Man a séduit grâce à un Robert Downey Jr. très en forme, Chris Evans a insufflé à son personnage de Captain America un charisme impressionnant, qui faisait d'emblée oublier son rôle de la Torche, dans une autre adaptation Marvel, Les 4 fantastiques, alors que Chris Hemsworth était LA révélation de Thor (c'était d'ailleurs ambitieux de confier le rôle-titre à un quasi inconnu).Certains acteurs étaient pourtant attendus au tournant : Avengers a par exemple donné l'occasion au public d'en savoir plus sur Black Widow (Scarlett Johansson), qui avait partagé l'affiche d'Iron Man 2 avec Tony Stark, davantage pour montrer ses formes que pour réellement faire avancer l'intrigue. Après deux changements successifs d'acteurs pour incarner Bruce Banner / Hulk, Mark Ruffallo serait-il à la hauteur ? Œil-de-faucon (Jeremy Renner, qui apparaissait seulement quelques secondes dans Thor (difficile de faire plus court et plus sombre pour un caméo), se livre au grand jour dans les Vengeurs, laissant même entendre que le personnage serait assez intéressant pour se voir offrir un spin-off... Sans oublier le grand méchant, Loki (Tom Hiddleston), que l'on avait finalement peu vu dans Thor et qui se présente ici comme un manipulateur né.Une promo intense et une sortie événement.Avec un budget promo qui pourrait dépasser les 100 millions de dollars, Disney et Marvel n'ont pas économisé leurs efforts. Les premières se sont succédées dans le monde entier, le web a su porter le film avec une promo plutôt intelligente et le studio a du coup décidé d'ouvrir le film à l'étranger avant de lancer les Vengeurs sur le territoire US. Le film devait devenir d'abord un événement mondial. La stratégie n'est pas nouvelle (Hollywood lance parfois ses films-événements à l'étranger pour réaliser très vite et très fort ses recettes monde), mais jamais le résultat n'avait été aussi spectaculaire. Le carton mondial a sans doute eu un impact décisif sur les chiffres yankee (en créant une demande encore plus forte pour le film) et, "en une semaine, 70% du business international était réalisé, expliquait un responsable du studio au LA Times. Les premiers retours montraient surtout que le film ne s'adressait pas qu'aux fans - ce n'était pas qu'un film de mecs".Et maintenant ?Ayant déjà cartonné grâce à sa série télé Buffy contre les vampires, Joss Whedon a connu des déboires depuis (ses nouvelles séries télé Firefly et Dollhouse ont été en leur temps rapidement annulées), il a réussi son come-back ce qui devrait l'aider à se créer une place de choix dans le cinéma actuel. La sortie de sa production La Cabane dans les bois dans la foulée d'Avengers ne doit d'ailleurs rien au hasard.Le succès d'Avengers a encouragé Mark Ruffalo, Scarlett Johansson et Samuel L.Jackson à négocier leur retour sur grand écran. Tous les fans de Hulk (de plus en plus nombreux depuis la sortie d'Avengers), peuvent se réjouir. Ruffalo a signé un contrat avec les studio pour se glisser de nouveau dans la peau du géant vert dans six prochains film, alors que le président des studios avait assuré qu'aucun autre film sur Hulk n'était programmé. Si l'on compte les deux suites prévues d'Avengers, cela lui laisserait dans l'idéal une trilogie à lui tout seul, plus un caméo dans le film d'un copain ?Scarlett Johansson, qui incarne la veuve noire, s'enthousiasme à l'idée qu'un film génial pourrait être tiré des aventures de son personnage. Alors qu'elle ne sera pas présente dans Iron Man 3, l'actrice souhaite obtenir son spin-off, qui prendrait selon les studios une direction totalement différente. Troisième acteur à tirer son épingle du jeu : Samuel L. Jackson, dans le rôle de Nick Furry. L'idée de consacrer un film à sa personne murissait depuis 2006, et le succès d'Avengers aurait convaincu la production. De base, Samuel a signé pour interpréter le rôle dans neuf longs métrages. Mais étant donné qu'il apparait dans la plupart des Marvel (Iron Man et ses suites, Avengers, Thor...), rien ne dit qu'un spin-off fait partie des 9.Sans oublier les suites qui sont déjà officiellement en route : Iron Man 3, qui sortira l'année prochaine, Thor 2, prévu pour 2014 et Captain America 2. Marvel voit loin ! Quand s'arrêtera cette déferlante de super-héros sur nos écrans ? Pour l'instant, c'est impossible à dire.Review, story, vidéos : tout ce qu'il y a à savoir sur Avengers







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