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Dans le sous-genre fécond des films sur l’adolescence, le nouveau long métrage de Joachim Lafosse (Nue Propriété)
se classe du côté des regards les plus dérangeants et les moins consensuels, qui sont aussi les plus passionnants, tant ils révèlent les gouffres et les troubles de cet âge. Portrait d’un garçon de 16 ans en échec scolaire, dont l’éducation est prise en main par un adulte a priori bien intentionné, Élève libre pousse sa logique jusqu’à l’extrême. Il y est question de manipulation et de sexualité, de liberté individuelle et de limites, de choix et d’abus, de transmission et de domination. Bref, un film complexe, qui met d’autant plus mal à l’aise que sa mise en scène très rigoureuse empêche tout jugement facile. Brillant.
Toutes les critiques de Elève Libre
Les critiques de Première
Les critiques de la Presse
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Ce film-ci est parmi les plus dérangeants qu'on ait vus depuis longtemps. La perversion à l'œuvre y est d'autant plus troublante qu'elle n'est pas pornographique. Elle est plus insidieuse : elle se cache d'abord dans le langage, ce possible instrument de pouvoir.
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La transmission, les premiers pas vers la sexualité des premières amours, celle des adultes aussi, le pouvoir d’un professeur sur un élève, l’homosexualité latente et le mal-être d’un homme : voilà ce que filme Joachim Lafosse. Devant cette œuvre subtile, on pense à Luis Bunuel, le cinéma de ces dernières années a rarement montré avec autant d’ habilité et d’intelligence des moments aussi troublants. Une fois de plus, Jonathan Zaccaï, dans le rôle de Pierre, apporte tout son talent à cette histoire. Il est cet adulte en souffrance qui manipule et tente d’enfermer par son érudition et sa culture, dans sa douloureuse cage humaine, ce jeune élève libre mais encore fragile. Un film dérangeant, un étrange obscur objet de perversité qui, sans doute, déconcertera certains spectateurs.
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Elève libre décrit une manipulation tout entière, tendue vers la conquête d'une proie a priori facile. Et si la qualité de l'interprétation lui évite toute sécheresse trop abstraite, le film de Joaquim Lafosse pose avec une indiscutable acuité et une vraie singularité des questions complexes, déstabilisantes dans le concert hédoniste actuel.