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Spécialiste ès troubles identitaires, Marina de Van a été révélée comme actrice par les premiers films de François Ozon, dont Sitcom, et comme cinéaste par des courts (notamment Bien sous tous
rapports) et un long (Dans ma peau, 2002) puissants. Ici, elle propose une variation fantastique de Carrie et, derrière les oripeaux du genre, confronte un personnage féminin à son tumulte intérieur. A priori, avec une réalisatrice aussi douée aux commandes, on signe tout de suite. Las, blessée par l’échec critique et commercial de Ne te retourne pas, son précédent film, dans lequel Sophie Marceau
se métamorphosait en Monica Bellucci, la cinéaste ne semble plus croire en ses plans, perdant confiance en son talent, abandonnant son style et ses obsessions (scandale organique, désorganisation psychique). Sans la moindre implication, elle exécute donc une série B ni troublante ni viscérale, desservie de surcroît par une interprétation calamiteuse. Sincèrement, on tombe de haut.
Toutes les critiques de Dark Touch
Les critiques de Première
Les critiques de la Presse
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Filmés avec précision, les instants chaotiques sont stabilisés avec élégance.
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Sous le voile du film (très) horrifique, un réquisitoire implacable et déchirant contre les parents maltraitants.
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Le jeune Keating est dément, il a une capacité incroyable à moduler gêne et confiance, on n’imagine pas une seconde que c’est un enfant-acteur mais plutôt un génie écorché.
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Marina de Van refuse les effets de manche, privilégie les tons froids, la progression insidieuse, soutenue en cela par l’interprétation impénétrable et blessée de Missy Keating. Toujours un peu à distance de son sujet, la réalisatrice donne à son film une puissance dérangeante, jusqu’à une conclusion qui nous plonge dans l’horreur la plus littérale du monde. Une horreur mélancolique, froide, défaitiste, et beaucoup plus personnelle que ce à quoi les films du genre nous ont habitués.
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Tout comme les bons films d’horreur, Dark Touch génère la peur grâce aux instants qui se rapprochent le plus de la réalité.
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Les effets spéciaux [sont] très réussis (...).
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Film inclassable, dont les scènes fortes nourrissent un haletant crescendo. Jusqu'au final inoubliable, aussi grotesque que choquant.
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Malheureusement, l’audace respectueuse de la cinéaste se perd un peu lors des dix dernières minutes qui se précipitent vers les mauvaises décisions au point de décevoir. Dark touch était jusqu’alors une série B à l’ambiance implacable et avait tout pour devenir un nouveau jalon du genre. Le film s’achève de façon anecdotique au risque de laisser l’empreinte d’un divertissement futile.
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Il est toujours aisé face à un film de la cinéaste d’identifier ce qui l’intéresse profondément, là où se logent son regard et son empathie, tant le récit s’éboule partout ailleurs - ici dans les scènes axées sur les parents, où l’on croirait presque que De Van, qui filme pourtant si bien la beauté grave de sa jeune actrice, laisse les interprètes plus âgés jouer si fadement dans un ultime geste de vindicte contre le monde adulte.
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Sous influence Carrie, un récit très sombre et dur où le fantastique est utilisé avec parcimonie mais avec une réelle efficacité. Dommage que les acteurs (adultes) jouent aussi mal.
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A l’origine de «Dark Touch», une double-envie : traiter de la maltraitance faite aux enfants et se frotter pleinement au genre horrifique. La première heure confirme son talent pour créer une ambiance à la fois fantastique et étouffante, où l’angoisse nait d’une salle de classe silencieuse ou de fillettes jouant simplement avec des poupées. L’export forcé de l’intrigue en Irlande a été un mal pour un bien tant les acteurs locaux sonnent justes et permettent à l’histoire d’exister malgré son impossible postulat de départ. Dommage que le dernier tiers grand-guignolesque vienne ensanglanter le tableau, même si la puissance du plan final ne finira pas de nous questionner.
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D’étranges forces maléfiques, des secrets enfouis, des morts violentes, et une enfant dérangée, voici des ingrédients certes connus, mais triturés ici par la réalisatrice française qui, en plus de maîtriser son ambiance, ajoute un discours sur la maltraitance des enfants, et impose un film d’épouvante pour le moins singulier.
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Marina de Van ne connaît d'autre chemin que la fréquentation des extrêmes. Son incursion dans le film d'horreur, portée par une spectaculaire interprétation de préadolescente incarnée par l'Irlandaise Missy Keating, est un vrai travail de cinéma quoique un peu tortueux.
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Le film reste trop inégal (…) mais lorsque Marina De Van sait s’attarder sur le visage poupin et vidé de sa jeune actrice, elle emporte une émotion amère qui excède amplement le genre où elle s’est mal réfugiée.
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Marina de Van s'aventure dans l'horreur façon "Carrie", de Brian de Palma, pour aborder la maltraitance et l'inceste. On est captivé par l'atmosphère glauque de ce film qui bouleverse par son nihilisme absolu.
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une série B qui fonctionne pour les amateurs de frissons. A défaut de renouveler le genre.
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Si le découpage reste parfaitement fluide, et la photo presque soyeuse, tout nous est livré en vrac, sans autre forme de procès.
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Baigné de clairs-obscurs picturaux, l'emballage, concocté par Marina de Van, reste toutefois un brin trop sage, trop attendu, pour réellement terroriser.
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Marina de Van s'attaque avec intelligence au fantastique, et signe une œuvre et tragique.
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Dark Touch, centré autour du trauma infantile, est une parabole édifiante, et finalement assez complaisante, sur la faute et l'expiation. Tourné en Irlande, dialogué en langue anglaise, le film est le troisième long-métrage de Marina de Van, après Dans ma peau (2002) et Ne te retourne pas (2009), œuvre singulière qui s'est apparemment fixé pour gageure de se confronter au genre fantastique, dans ses aspect les plus sordides et dérangeants.
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Avec cette relecture de Carrie réalisée en Irlande, la réalisatrice tente d'instiller une tension horrifique, de privilégier l'atmosphère à l'action. Mais elle raconte cette histoire effroyable avec pléthore d'effets grand-guignolesques (trop d'effets tuent l'effet), sans célérité ni conviction. On attendait mieux, plus organique, plus troublant.
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Une fillette de 11 ans provoque par la télékinésie un massacre au sein de sa famille. Elle est recueillie dans un autre foyer, mais la violence se poursuit... Un conte horrifique qui fait preuve d'un certain tact sur l'enfance maltraitée mais qui souffre aussi d'un scénario trop sommaire, lui donnant l'aspect d'un court métrage étiré.
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Les accidents autour de la petite fille sont à la hauteur de la violence qu'elle subit. Le problème est que c'est suggéré tellement grossièrement qu'on ne doute pas une seconde de la réalité de ces atrocités. Pourquoi alors faire planer le doute dans l'intrigue et tenter de nous faire croire que c'est irréel ? On se perd dans un film qui pourtant ne dure qu'une heure et demie. Ça ne fonctionne pas.
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Insoutenable au début, le film de Marina de Van sombre très vite dans le grotesque. (...) C'est "Carrie" moins Brian de Palma. trois fois rien donc.
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Plus accessible que ses précédents films, le dernier Marina De Van n’en continue pas moins de souffler le chaud et le froid.
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C’est que, chez Marina de Van, soit il y a épanouissement (bourgeois), soit il y a autodestruction (artistique). Quand une blessure est ouverte, on ne peut plus la refermer, il faut que le monde vienne s’écrouler à l’intérieur. Puissante sur le papier, l’idée hurle malheureusement à l’écran son impuissance : si Dark Touch prend le risque de se noyer dans les eaux troubles du bis, c’est pour mieux sombrer au fond du supernatural boursouflé.
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Après "Dans ma peau" et "Ne te retourne pas", Marina De Van refait le coup du film fantastique d'auteur. Malgré de bonnes idées et une jeune actrice formidable, l'histoire sombre dans le grand guignol.