Ses débuts au cinéma dans la Pointe courte (A. Varda, 1956) ont fait l'effet d'un accident dans une carrière jusque-là consacrée au théâtre (TNP) et au cabaret (avec Jean-Pierre Darras). Cinq ans plus tard, Philippe Noiret a commencé à promener sa silhouette faussement bonhomme dans tous les horizons du cinéma français, alternant les rôles de comédie (pour Yves Robert notamment, qui lui confie l'interprétation d'Alexandre le bienheureux à la désinvolture savoureuse) avec des compositions plus élaborées, ambiguës ou inquiétantes. L'il insondable ou embué, facilement mal rasé, un peu ventru, débraillé sans gêne, bourgeois s'il le faut, il fait montre de souplesse, d'intelligence et à l'occasion d'émotion.Il a été le père tourmenté et ramassé sur sa volonté de comprendre son fils meurtrier dans l'Horloger de Saint-Paul (B. Tavernier, 1974). Il a nourri d'humanité un Régent lucide et sans illusions dans Que la fête commence (id., 1975). Il a rendu crédible la rage destructrice du médecin tranquille qui engage sa guerre personnelle contre les nazis qui ont massacré sa famille (le Vieux Fusil, R. Enrico, 1975, César du meilleur acteur).Dans un registre plus souriant, on l'a vu en helléniste débonnaire secoué par la pétulance d'un commissaire de police, incarné par Annie Girardot, dans deux comédies dirigées par Philippe de Broca (Tendre Poulet, 1978 ; On a volé la cuisse de Jupiter, 1980).Trois Frères (F. Rosi, 1981), où il est un magistrat italien confronté à l'expérience du terrorisme, puis Coup de torchon (Tavernier, id.), probablement sa composition la plus élaborée (un policier colonial abruti qui s'identifie à Dieu), l'installent parmi la demi-douzaine de comédiens dont le talent et la popularité peuvent garantir le « montage » financier d'un film européen.La palette de Philippe Noiret s'enrichit encore au cours des années 80. Il tourne beaucoup et sait parfaitement s'adapter à toutes les situations sans s'enfermer dans le registre étroit d'un personnage type. Il est remarquable dans le rôle du docteur Fadigali, le vieux médecin de Ferrare amoureux d'un jeune étudiant (les Lunettes d'or, G. Montaldo, 1987) ; dans celui de Savinien de Kerfadec, le comte breton qui tente en vain de départager avec sagesse et lucidité les jeunes esprits échauffés par la révolution et la chouannerie (Chouans !, Ph. de Broca, 1988) ; dans celui de Mazarin du Retour des Mousquetaires (R. Lester, 1989) ; celui de l'obstiné commandant Della Plana qui dirige un bureau de recherche et d'identification des tués ou disparus de la guerre de 14-18 (la Vie et rien d'autre, Tavernier, 1989, César du meilleur acteur), ou celui du vieux projectionniste amoureux de sa cabine de projection et de son public dans Cinema Paradiso (G. Tornatore, id.).
Nom de naissance | Philippe Noiret |
---|---|
Naissance |
Lille, Nord, France |
Décès | |
Genre | Homme |
Profession(s) | Interprète, Voix Off VO, Voix Off VF |
Avis |
Biographie
Filmographie Cinéma
Année | Titre | Métier | Rôle | Avis Spectateurs |
---|---|---|---|---|
2015 | Ravissante | Acteur | Maurice | |
2005 | Edy | Acteur | Louis | |
2003 | Ripoux 3 | Acteur | René Boirond | |
2003 | Les côtelettes | Acteur | Léonce | |
2003 | Père et fils | Acteur | Léo |
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