Première n°518 : Virginie Efira
Première/Gaumont/Pathé

L'actrice est en couverture de notre numéro spécial "Adieu les confinements".

Les salles de cinéma rouvrent en ce mercredi 19 mai 2021, après plus de six mois de fermeture. Parmi les films attendus, il y a notamment Adieu les cons, qui avait bien démarré en octobre malgré le couvre-feu à 18h, avant de voir sa diffusion brutalement arrêtée. Son actrice principale, Virginie Efira, nous raconte cette étrange expérience dans le n°518 de Première (mai 2021, actuellement en kiosques), justement consacré à la réouverture des salles (même si l'entretien a été fait juste avant de connaître son calendrier précis). Voici quelques extraits de l'interview "Adieu les confinements", avant de la revoir dans le film d'Albert Dupontel, mais aussi dans Benedetta, de Paul Verhoeven, en juillet, puis dans Lui, de Guillaume Canet, en octobre,  dans En attendant Bojangles, de Régis Roinsard, début 2022, et dans l'adaptation des Enfants des autres, de Rebecca Zlotowski, pour l'instant sans date.

Adieu les cons : Dupontel au top [Critique]

Première : Il y a eu l’instauration du couvre-feu à 18 h. Albert Dupontel et la Gaumont ont longuement hésité à sortir le film le 21 octobre, d’ailleurs. Vous étiez associée à ces discussions ?
Virginie Efira : Je n’ai eu aucun poids dans cette décision, évidemment, mais on m’a tenu informée. J’ai vécu toute cette période sans aucun stress – ce sont des situations sur lesquelles je ne peux pas agir. J’avais vu à Angoulême comment Albert arrivait à toucher beaucoup de gens avec ce film si personnel. J’étais persuadée qu’Adieu les cons trouverait son public. J’ai d’abord pensé qu’il serait repoussé. Mais aujourd’hui, avec le recul, je pense que le meilleur choix a été fait. D’abord parce que, malgré ces conditions particulières, Albert a réussi le meilleur démarrage de sa carrière. Mais aussi parce que cette décision a été un geste fort de soutien aux exploitants. Et j’ai la conviction que grâce aux César, il aura une deuxième vie en salles, comme un Goncourt en librairies.

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Vous pensez que cette période aura un impact sur la manière dont les spectateurs consomment les films ?
On a pris l’habitude de regarder des films sur des plateformes et ça va perdurer. Des choses allaient de toute façon changer. Cette crise a servi d’accélérateur et elle aura des implications, c’est sûr.

Vous les redoutez ?
Avec la chute des entrées, le budget du CNC sera forcément impacté et, par ricochet, le financement des films prévus en 2022 ou 2023. Idem avec les distributeurs qui devront écouler leurs stocks avant d’acheter de nouveaux films. Mais d’autres questions se posent : sur le maintien du niveau d’obligation de Canal+ dans le cinéma français, sur les implications de l’entrée des plateformes dans le système de financement. Ma crainte, comme spectatrice et actrice, est de perdre ce qui a été essentiel dans ma formation : la découverte de ces films d’auteur qui élargissent les limites de nos univers et sont forcément les plus menacés. Toucher à cet essentiel-là conduirait à une uniformisation qui aurait des conséquences désastreuses sur le rapport des spectateurs au cinéma. C’est là que l’exception culturelle à la française qui a manqué en décembre doit retrouver ses lettres de noblesse.

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Il y aura forcément des films sacrifiés, non ?
Cette offre pléthorique est une chance pour les spectateurs, mais cela pénalisera des films. J’aurai forcément plus de demandes d’interviews pour certains que pour d’autres. Mais ce n’est pas moi qui ferai le tri. J’ai envie de les défendre tous. Et je trouverai le temps pour. Avec le cas particulier de Benedetta et son histoire si singulière avec Cannes. Même s’il n’y est sélectionné qu’en 2027, ce sera un événement ! (Rires.)

Sommaire de Première n°518 : Adieu les confinements !

Bande-annonce d'Adieu les cons :

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