Gaumont Distribution

Le second film de Guillaume Gallienne cite ouvertement John Cassavetes. Franchement casse-gueule.

Le carré bouffant blond platine encadre un regard tantôt rieur tantôt désespéré. Dans Maryline, portrait d’une apprentie actrice portée sur la bouteille, Adeline D’Hermy ressemble à s’y méprendre à Gena Rowlands dans Opening night, modèle pour toutes les “perform actresses”, belles, ravagées (par l’alcool, la folie, la passion), incandescentes… Pour son second long métrage, Guillaume Gallienne fait dans la citation écrasante sans réussir à trouver sa voie : portrait déchu ? Mélo familial ? Chronique de la solitude ? Drame de l’atavisme ? Le réalisateur ne tranche pas et offre une variante noire bancale de Guillaume et les garçons à table ! autour de sa place à trouver –et à se faire- dans le monde –si possible artistique.

Trop décousu

Les premières minutes de Maryline sont pénibles. L’héroïne, partie de sa province peuplée de freaks (la mère parle par hoquets incompréhensibles), débarque sur un tournage où elle se fait copieusement humilier par le réalisateur. Pourquoi tant de mutisme et de masochisme ? Dans la séquence suivante, on découvre qu’elle boit. Beaucoup. On ne sait toujours pas pourquoi mais cela occasionne des scènes enfin incarnées et touchantes, notamment entre Maryline et une grande actrice (Vanessa Paradis, impeccable, passe en coup de vent) qui, percevant son potentiel, la prend sous son aile et la décomplexe. Du coup, Maryline ne boit plus et le romanesque se déploie un peu. Manque de bol, son amant du moment est alcoolique. Heureusement, sa mère reparle normalement… Décousu au possible, traversé de rares moments de grâce, le film bénéficie de l’interprétation habitée d’Adeline D’Hermy et d’une mise en scène soignée qui nous font regretter le manque de cohérence et l’absence d’un point de vue fort.